Sac de café du Malawi

Le café malawite

En France, le café torréfié, moulu, en grain ou soluble séduit. C’est même la boisson chaude la plus consommée dans le pays avec près de 70 % des personnes qui déclarent en boire régulièrement.
20 % des consommateurs réguliers déclarent même dépasser les 5 tasses/jour.

Ce sont avant tout les pays occidentaux, hormis le Royaume-Uni et quelques pays de l’Est qui consomment le café. Celui-ci est cultivé dans plus de 50 pays de la ceinture tropicale, en Asie, Amérique latine et Afrique.

Dans cette ceinture, le Malawi présente une petite production de café. Le pays aura produit autour de 10 000 sacs de 60 kg de grains de café pour l’année caféière 2020/2021. Le Malawi représente moins de 0,006 % de la production mondiale de café, principalement de l’arabica.

Le Malawi se classe à la 19e place des pays africains en production de café, mais constitue une origine de café de spécialité grâce à la culture de variétés arabica appréciées comme le Geisha ou des dérivés du Bourbon. De plus, le climat tropical et les sols fertiles du Malawi constituent un environnement idéal pour les cultures.

Voyons un peu l’histoire du café au Malawi, ce qui le distingue, ce que j’en pense et quel est le meilleur café malawite.

L’histoire du café au Malawi

État d’Afrique australe, entre le Mozambique, la Zambie et la Tanzanie, le Malawi s’allonge sur près de 900 kilomètres pour une largeur maximale de 160 kilomètres.
Peu diversifiée, son économie est fortement dépendante d’un secteur agricole dominé par le tabac, le sucre et le café (7 % des exportations).

L’histoire du café trouve ses racines dans les hauts plateaux éthiopiens. Elle raconte qu’un jeune berger Kaldi aurait découvert pour la première fois le potentiel de ces graines par leur effet sur ses chèvres. Après avoir mangé les baies d’un certain arbuste, celles-ci devenaient si énergiques qu’elles ne voulaient plus dormir la nuit.
Il s’étend ensuite dans le monde musulman, notamment au Yémen où il commence à être cultivé et commercialisé.

Ce sont les marchands vénitiens qui vont l’apporter en Europe au 17e siècle, d’abord en Italie, puis aux Pays-Bas, en Angleterre et en France par le port de Marseille.

Par la suite, les Européens vont en introduire la culture dans leurs nouvelles colonies : les Hollandais à Ceylan, les Français en Martinique, en Guadeloupe et sur l’île Bourbon (actuelle Réunion), les Portugais au Brésil, les Anglais en Jamaïque puis les Espagnols en Amérique du Sud et en Amérique centrale.

À la fin du 19e siècle, le Malawi n’est pas encore un protectorat britannique. Le Dr Livingstone, célèbre missionnaire et explorateur écossais, se rend pour la première fois au Malawi en 1859, mais le café y arrive par l’intermédiaire d’un autre missionnaire écossais, John Buchnan à la fin du siècle. En provenance des jardins botaniques d’Édimbourg, le premier plant de café aurait été cultivé dans la région de Blantyre, au sud du pays.

La culture du café au Malawi connait un début prometteur avec une production qui atteindra les 1000 tonnes en 1900. La saturation brésilienne du marché, le mauvais entretien des sols, les parasites marqueront, néanmoins, un effondrement de la production au début du 20e siècle.

Au début du 20e siècle, le Nyassaland (actuel Malawi) est sous domination coloniale britannique. Les grandes plantations exploitent la main d’œuvre africaine et la forcent à travailler dans des conditions difficiles pour une faible rémunération. Les domaines commerciaux sont alors circonscrits dans les régions de Thyolo et Mulanje, dans le sud du Malawi.

Les premières coopératives sont créées dans les années 50 avec le soutien du gouvernement britannique, qui a commencé à fournir des plants aux petits producteurs. Ainsi, la Misuku Coffee Growers Cooperative Society voit le jour en 1957.

Néanmoins, il faut attendre l’Indépendance, en 1964, pour que la filière du café malawite s’organise. En 1971, le ministère de l’Agriculture crée la Smallholder Coffee Authority (SCA), chargée de fournir des services et des prêts aux petits propriétaires terriens du nord du Malawi.
Celle-ci sera privatisée et transformée en Smallholder Coffee Farmers Trust (SCFT) dans le but de permettre aux petits exploitants de gérer leurs propres entreprises.

L’introduction de la variété hybride Catimor a été à l’origine du plus grand développement en peu de temps, avec sa grande résistance et son excellent rendement. Elle a notamment permis à la culture du café de connaitre un âge d’or dans les années 1990 avec plus de 7000 tonnes de production.

En 2007, après une consultation entre les cultivateurs, la SCFT a été transformée en Union des coopératives des planteurs de café de Mzuzu (MZCPCU). Elle fédère les coopératives PHOKA, SOUTH EAST, MISUKU, MZIMBA, NKHATABAY HIGHLANDS, VIPHYA NORTH du Centre et du Nord avec la NTCHISI EASTNTCHISI EAST.

Dans les régions du nord et du centre du Malawi, le café est principalement cultivé par de petits exploitants, tandis que le sud du Malawi est plutôt travaillé par des exploitants commerciaux. Le café est cultivé à Chitipa, Rumphi, Mzimba et Nkhata-Bay dans la région nord, à Dedza et Ntchisi dans la région centrale et à Zomba, Thyolo et Mulanje dans la région sud.

Aujourd’hui, la production du Malawi est largement constituée de vastes étendues de terre, cultivées de manière intensive, mais la production de café de spécialité prend peu à peu de l’ampleur grâce au mouvement coopératif.

Le secteur des petits exploitants est concentré dans la région nord, dans les districts de Chitipa, Rumphi, Mzimba et Nkhata-Bay. Le secteur compte environ 3 200 petits exploitants, la plupart dans les collines de Misuku à Chitipa.

L’altitude entre 1000 et 2500 mètres, le climat subtropical et le terrain riche et argileux fournissent au Malawi les conditions idéales pour la culture du café.

Cerises de café au Malawi

Particularités du goût du café malawite

Ici, les variétés d’arabica sont principalement Geisha et Catimor, avec quelques Agaro, Mundo Novo, Bourbon, SL28 et Blue Mountain.
Ces dernières années, les producteurs ont été incités à privilégier les variétés Geisha et SL28, plus prisées.

Souvent considéré au second bon plan, derrière un bon café kenyan ou éthiopien, le café malawite se distingue par son corps plein, sa douceur et sa délicatesse. Il ne sera pas aussi fruité et complexe que d’autres cafés d’Afrique de l’Est.
Néanmoins, les variétés cultivées comme le Geisha, l’Agaro ou le Bourbon suscitent l’intérêt des spécialistes.
Le profil d’un Geisha malawite peut rappeler celui d’un Yirgacheffe éthiopien, avec des notes florales et citronnées, une acidité modérée et des nuances de chocolat.

Le café malawite s’appréciera tout au long de la journée. Sa douceur et sa délicatesse accompagneront agréablement une pause-café.

Mon avis sur le café du Malawi


Le café du Malawi ne figure pas particulièrement dans mes cafés privilégiés.
Néanmoins, il reste agréable à consommer. J’aime sa douceur, sa légèreté, qu’il ne soit pas trop marqué gustativement.
Mention spéciale pour le Malawi Mzuzu de la région Chipita. Issu d’une petite coopérative agricole, son arôme offre des notes de fruits et de caramel.
J’ai rarement été déçu en buvant du café malawite de cette région.

Je vous incite à l’acheter en grains, les arômes seront ainsi mieux conservés.

Meilleur café malawite : quelle marque choisir ?

Comme je viens de le conseiller, je vous invite à favoriser l’achat sous forme de grains. En effet, le café conserve mieux ses arômes avec ce conditionnement. De plus, les grains font l’objet d’une sélection plus rigoureuse.

Pendant longtemps, le Malawi ne s’est pas vraiment attaché à la qualité de ses grains. La notation était un système élémentaire de grades 1 et 2. Ces dernières années ont vu une évolution vers le système de notation de type AA, répandu en Afrique.

Taille (mm)

Tout savoir sur le café du Malawi 5

7,25 - 8

AA

6,75 - 7

A

6 - 6,5

B

3 - 5,5

PB

Au Malawi, le terroir le plus réputé du pays se situe dans la région de Chipita. Cette région se trouve près de la rivière Songwe qui forme une frontière naturelle avec la Tanzanie.
Foyer de la Misuku Hill Cooperative, elle propose un café équitable et biologique provenant de fermes familiales. Son climat subtropical et son sol riche en minéraux offrent des cerises de café mûres à la perfection qui produiront un corps riche et doux, accompagné de notes de chocolat et d’amande.

Le Malawi propose également des grains Peaberry. Si vous ne le savez pas déjà, la plupart des cerises de café contiennent deux grains de café. Dans le cas du Peaberry, un des deux ne s’est pas développé, ce qui donne un grain au gout un peu différent. Un peu plus léger et corsé, il a peut-être un peu plus d’acidité que les grains ordinaires.

Pour acheter du café du Malawi, je vous invite à sélectionner une des marques suivantes : Brûlerie d’Alré, Brin de Café, Le Café des Ours.

Don`t copy text!