Café de Côte d'Ivoire

Le café ivoirien

Après l’eau, le café représente la boisson la plus consommée quotidiennement en France. Selon une étude C10, la France est même la 8e plus grande consommatrice de café.
Pourtant, la culture de celui-ci se concentre essentiellement le long de la ceinture équatoriale.

La Côte d’Ivoire représente le 3e plus gros producteur africain derrière l’Éthiopie et l’Ouganda. En produisant près de 1,8 million de sacs de 60 kg de grains de café pour 2020/2021, il se situe à la 15e place au niveau mondial.

Le café ivoirien est surtout réputé pour son arôme intense, son goût amer et corsé. En effet, le pays cultive essentiellement du café robusta dont le taux de caféine est le double de l’arabica.
Comme le rapporte Bénédicte Châtel pour le site Commodafrica, un hybride des 2 types de caféiers, l’Arabusta, est testé en ce moment dans les régions de Divo, Daloa et Man

Abordons un aperçu de l’histoire du café en Côte d’Ivoire, ses particularités, ce que je pense du café ivoirien et quel est le meilleur café de Côte d’Ivoire.

L’histoire du café en Côte d’Ivoire

Pays d’Afrique de l’Ouest ouvert sur l’océan Atlantique, la Côte d’Ivoire partage ses frontières avec le Liberia, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Ghana.
Premier producteur de cacao au monde avec plus de 35 % du marché, il figure aux premiers rangs africains pour plusieurs autres productions agricoles d’exportation (caoutchouc, noix de cajou, coton, café, palmier à huile, banane, ananas, cola).

À l’origine, le café provient d’Éthiopie, en Afrique aux environs de l’an 850. Il gagne l’Arabie au 11e siècle où il séduit les Perses pour son effet stimulant. L’appellation café nous vient de l’ancien arabe qahwah (« l’excitant »). Au cours de la seconde moitié du 15e siècle, le café se répand en dehors de la Mecque, gagne l’Égypte. En 1615, il est importé en Europe par des marchands vénitiens.

L’histoire du café en Côte d’Ivoire commence à la fin du 19e siècle. À l’époque, la Côte d’Ivoire forme un enjeu colonial entre les Français et les Britanniques. La culture du café est introduite par les colonisateurs dès 1882 le long du fleuve Cavally. À partir de ce moment, une classe de petits planteurs apparaît, cultivant essentiellement le type Liberica.
La culture du robusta arrive vers 1930. Elle fait suite à la découverte, en 1914, d’une espèce sauvage de caféiers (Coffea stenophylla).

Dès 1932, un ancien planteur, Félix Houphouët-Boigny, prend la tête d’un mouvement de contestation pour protester contre la politique économique pénalisant les petits planteurs ivoiriens et privilégiant les grands propriétaires coloniaux qui s’accaparent les terres.
Sous son initiative, en 1944, naît un syndicat agricole africain, qui sera à l’origine du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).
La fin de la Seconde Guerre mondiale va marquer une forte hausse de l’exportation de café. Ainsi la production va passer de 36 000 tonnes en 1945 à 112 500 tonnes en 1958, la France absorbant la majeure partie de la production, jusqu’à l’indépendance de 1960.

La Caistab (Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles) naît suite à l’indépendance. Sa fonction est de fournir un prix d’achat minimum aux planteurs pour réduire les risques liés aux marchés internationaux.
Elle va permettre à la Côte d’Ivoire d’atteindre le rang de 3e producteur mondial de café en 1970 et devenir le premier producteur de café robusta pendant une courte période.
Présente à tous les stades de la commercialisation, la structure a permis un développement exceptionnel de la filière en contribuant au développement des infrastructures. Suite à sa restructuration en 1999, la structure est dissoute en 2001.

À la fin du siècle, en 1993, les pouvoirs publics ont également créé une société de vulgarisation agricole : l’ANADER. La structure intervient dans la filière café au moment de la production et de la distribution des semences et engrais. Sa privatisation, en 1999, a rendu ses prestations payantes, ses services moins accessibles aux planteurs.

Le début du 21e siècle, marqué par des changements politiques et une guerre civile, a observé un certain essoufflement de l’industrie du café. La Côte d’Ivoire fait également face à un phénomène de réchauffement climatique et au retour de la contrebande vers les pays voisins de l’Ouest.
De plus, beaucoup de planteurs se sont tournés vers des cultures plus lucratives comme les plantations de palmiers à huile, de cacao, d’hévéa ou d’anacarde.

Le pays produit presque exclusivement du café Robusta. Les plantations se retrouvent sur l’ensemble de la zone forestière qui présente des conditions pédoclimatiques favorables sur 5 grandes zones :

  • Les régions du Moyen Cavally et des Montagnes à l'Ouest;
  • Au Sud, les régions des Lagunes, de l'Agneby et du Sud Bandamat;
  • A l'Est, les régions du Sud Comoé, du N'zi Comoé et du moyen Comoé;
  • La région du Bas Sassandra au Sud-Ouest;
  • Les régions de la Marahoué, du Fromager et du Haut Sassandrais au Centre-Ouest.

Le caféier Robusta de Côte d’Ivoire se retrouve dans les terres basses, chaudes et humides, à moins de 1 000 mètres d’altitude, où il côtoie souvent le cacaoyer. Cette altitude et le climat équatorial offrent des conditions optimales pour le café robusta.

cerises de café arabusta

Particularités du goût du café ivoirien

Comme nous l’avons vu, la Côte d’Ivoire produit presque uniquement du café robusta et un peu de Kouilou.

Dans la comparaison entre l’arabica et le robusta on trouve les critères courants de faible altitude contre haute altitude, fin contre fort, cher contre peu coûteux. Ainsi, le robusta est associé à une faible altitude, un goût fort, corsé et une haute teneur en caféine.
Le robusta ivoirien, de qualité inférieure ou moyenne, est essentiellement à destination des torréfacteurs français et italiens pour faire des mélanges ainsi qu’au marché du café soluble.

Le profil de saveur typique inclut des notes de chocolat, de noix, de terre et d’épices avec l’amertume caractéristique du robusta.

Pour sa part, l’Arabusta cultivé dans la région montagneuse de Man cherche à conjuguer la force du robusta à des arômes floraux, plus subtils propres à l’arabica.
Pour le Tunisien Cafés Bondin, l’idée est d’aboutir à « Un café africain torréfié par des Africains et pour des Africains » comme le rapporte CNN.

Le café ivoirien se dégustera surtout le matin. Sa teneur en caféine plus élevée et sa crème épaisse en font l’élément parfait pour un expresso.

Mon avis sur le café de Côte d'Ivoire


Le café ivoirien figure peu dans mes cafés préférés.

Les grandes marques de café utilisent de plus en plus le café Robusta ivoirien pour leurs mélanges (blends) avec l’arabica. En assemblant les 2 types, on obtient un café plus ou moins fort en bouche, le robusta procurant puissance et amertume quand l’arabica donnera douceur et arômes.

Un assemblage à base d’arabica brésilien (70 %) avec du robusta ivoirien (30 %) vous procurera un résultat « façon bar », dense et aromatique.

Meilleur café ivoirien : quelle marque choisir ?

Le pays transforme peu ses grains de café lui-même. La quasi-totalité des grains est exportée sous forme de café vert, notamment vers l’Algérie, la France et l’Italie pour la création de mélanges.

Ainsi, seulement 6 500 tonnes sont torréfiées dans le pays par des petits torréfacteurs locaux.
20 000 tonnes sont lyophilisées par Nescafé (groupe Nestlé).

Néanmoins, il y a quelques initiatives ivoiriennes comme Ivory Blue.
1re marque de café expresso locale, elle sélectionne les meilleurs grains pour les torréfier, les moudre et les conditionner sous forme de capsules « Espresso Pure Origine ».
Les capsules se déclinent en quatre types, du plus amer au plus doux. 2020 devrait être l’année de la diversification et de son ouverture à l’international.

Leader tunisien du café, Cafés Bondin projette également la création d’une usine de traitement du café (de la torré­faction au conditionnement), à Bonoua près d’Abidjan.

Pour acheter du café de Côte d’Ivoire, je vous invite à opter pour l’une des marques suivantes : JAG l’éléphant, Cafés Bondin.

Laissez un commentaire 4 commentaires

Richard Balestra Répondre

Exposé très intéressant et enrichissant aussi.Difficile de trouver les marques indiquées
Merci à vous

Ella Gbokede Répondre

Demande d information pour l achat en gros ores de fournisseurs de cafe

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