Plantation de café en Inde

Le café indien

Quelle est la deuxième production mondiale après le pétrole ? La boisson qui joue sur notre sommeil : le café. Cette matière première fait vivre de 20 à 25 millions de familles dans plus de 50 pays en développement sur plus de 5 millions d’exploitations.

En 2018, l’Inde était le 7e plus gros producteur de café au monde derrière le Vietnam et l’Indonésie dans le secteur asiatique. Sur la période 2020/2021, il devrait produire plus de 5 millions de sacs de 60 kg de grains de café, dont 3,7 millions de sacs robusta. Comme le café est beaucoup moins populaire que le thé, 80 % de sa production de café du pays est exporté, principalement vers l’Europe et la Russie.

Le café indien bénéficie de régions montagneuses aux conditions climatiques idéales, propices à sa culture. La plupart du temps utilisé dans des mélanges, il est peu connu dans le monde.

Abordons un bref résumé de l’histoire du café indien, sa spécificité, ce que j’en pense et quel est son meilleur café.

L’histoire du café en Inde

La péninsule indienne domine l’Asie du Sud-Est et représente 2,4 % de la surface totale mondiale. L’agriculture est un des socles de son économie. Ce secteur emploie plus de 40 % des Indiens pour la culture de riz, de thé, de sucre, de coton, de blé, de café.

Le point de départ du café est l’Éthiopie. Par la suite, il s’étend à travers le monde musulman. Ce sont des commerçants vénitiens qui vont l’importer en Europe. À la suite de cela, les Européens vont en exporter la culture en Asie et en Amérique du Sud, dans les régions tropicales (seuls les pays situés entre les deux tropiques peuvent cultiver cet arbuste).

De l’arrivée du café dans le sud à la libéralisation

L’arrivée du café en Inde est peu documentée. L’histoire veut qu’elle se situe au 17e siècle
En 1670, un soufi indien, Baba Budan, revient d’un pèlerinage à la Mecque. En passant par le Yémen, à Moccha, il récupère 7 grains de café qu’il introduit illicitement en Inde. Il les plante dans l’État du Karnataka.
Des négociants néerlandais en étendent la distribution durant le 18e siècle dans le sud du pays, mais il faut attendre le début du 19e siècle pour qu’il commence à être commercialisé.

La période des colonies du Raj britannique correspond à la multiplication des plantations et au début de l’exportation. Ainsi, dans les années 1870, les ventes de café arrivent au 10e rang des exportations indiennes. Par la suite, des épidémies majeures de ravageurs et de maladies comme la rouille des feuilles menacent l’industrie florissante du café. 
Pour trouver une solution, dans les années 1900, est introduit le robusta d’Indochine, plus résistant et robuste que l’arabica. Ce n’est qu’à partir de 1920 que la culture de l’arabica est relancée avec le Kent. Dès 1930, celui-ci fait place à des plants hybrides plus résistants.

L’année 1942 voit le jour du Coffee Board, une agence gouvernementale dont le but est l’amélioration de la production et la promotion du café à l’exportation et sur les marchés intérieurs. Présent dans toutes les régions de production, l’organisme vient en réponse à la baisse des prix causée par la guerre et aux maladies.

Des années 90 à aujourd’hui

La libéralisation de l’économie indienne, débutée en 1990, a marqué de profonds changements.
À partir de 1992, le secteur du café, auparavant réglementé par l’État, se libéralise. La première mesure consiste en un quota de 30 % de vente libre. Les producteurs ont la possibilité de vendre ce quota à des sociétés étrangères et plus exclusivement à la Coffee Board.
Dès lors, le pays exporte plus, mais la question du devenir des régions de production se pose, car la libéralisation expose les planteurs indiens aux aléas des cours mondiaux. Deux prix existent alors sur le marché : celui fixé par le gouvernement et celui du cours mondial.
Rapidement, le quota passe à 50 % puis est supprimé en 1995 pour les petits planteurs et, en 1996, pour toute la filière. La libéralisation a profité à tous les planteurs, car ils ont bénéficié d’une hausse de prix. Néanmoins, ça a également introduit un manque de fiabilité dans le réseau de commercialisation et des profits jugés abusifs pour les intermédiaires.

Depuis, le Coffee Board of India a mis en œuvre un programme de consommation qui commence à marcher. Auparavant délaissé pour le thé, le café commence à s’installer dans les habitudes de consommation.

L’Inde produit environ 40 % d’arabica pour 60 % de robusta.
Les zones de culture les plus importantes sont situées dans le sud du pays (États de Karnatak, du Kerala, du Tamil Nadu), dans ce qui est appelé la « ceinture du café ».
Le reste de la production est dispersé dans l’Andhra Pradesh, l’Orissa et dans les états nord-est des Sept Sœurs.

Si son café est estimé, c’est notamment grâce aux conditions climatiques. Combinées aux importantes précipitations, aux périodes de sècheresse de 2 à 3 mois et à des températures comprises entre 23 °C et 28 °C, l’Inde a de formidables atouts à faire valoir.

Cerises de café indien

Particularités du goût du café indien

En Inde, on retrouve plusieurs variétés de café arabica : café Kent, Cauvery, S795 (hybride de la variété Kent et du S228), SLn9. En robusta, l’Inde cultive essentiellement deux variétés : S.274 et CxR.
La classification par ordre de qualité suit les grades AA, A, B, C, AB, PB, PB Bold et Bulk.

En règle générale, le café indien est doux et savoureux avec peu d’acidité.
Mais, étant donné la géographie diversifiée de l’Inde, chaque café indien possède un caractère propre à son terroir.

Un des cafés les plus réputés d’Inde, à l’arôme boisé, est le Malabar moussonné.
Le moussonnage de celui-ci reproduit les conditions de vie du café quand il était acheminé en Europe. Transporté durant 6 mois par bateau vers le Royaume-Uni, il était exposé à l’humidité dans les cales des voiliers. Cela lui conférait un goût unique, une faible acidité avec un corps lourd.
Les modes d’acheminement ont progressé.
Pour retrouver cette note gustative très particulière, les Indiens ont utilisé une méthode de séchage qui est effectuée de manière naturelle par les vents de mousson. Dans des entrepôts à parois ouvertes, les grains de café sont exposés aux vents tropicaux de la mousson, sur la côte indienne de Malabar, pendant environ deux mois.

Le café indien se déguste à n’importe quel moment de la journée, même en soirée. Sa faible acidité et sa légèreté le rendent idéal pour une pause-café.

Mon avis sur le café d'Inde


J’apprécie le café indien pour sa douceur et sa légèreté. Sur le plan du goût, il est équilibré, épicé, complexe et s’exprime avec une agréable sensation de douceur.

Parce qu’il a très peu d’acidité, mais d’autant plus de corps, il est particulièrement adapté aux torréfactions d’expresso.

Je vous invite à privilégier le conditionnement sous forme de grains, les arômes seront beaucoup mieux préservés.

Boire du café venu d’Inde m’évoque la richesse de ses forêts tropicales et ses paysages à couper le souffle.

Meilleur café indien : quelle marque choisir ?

Comme je viens de le mentionner, je vous invite à acheter du café d’Inde en grains. En effet, le café en grains permet de retrouver les saveurs complexes du café. Sous cette forme, il y a moins de surface exposée à la lumière, à l’air et à l’humidité… de sorte que la conservation est meilleure.

Longtemps connue pour son thé, l’Inde intéresse de plus en plus pour son café.

La qualité du café indien concerne surtout le robusta qui propose des saveurs plus propres, une odeur moins marquée. La plupart des robustas haut de gamme sont originaires d’Inde ou d’Amérique centrale. Ainsi, en 2011, près d’un quart de la production était exportée en Italie, en grande partie du robusta qui entre dans la composition des mélanges pour expresso.

Les terroirs qui produisent un café de spécialité sont ceux qui ont la plus haute altitude : Baba Budan, Niligris et Shevaroys, avec un traitement par voie humide.
La région Shevaroys, notamment, propose un café délicieux avec un corps moyen, une bonne acidité et une légère saveur avec une touche d’épices. Le sol riche en bauxite et son emplacement à plus de 1 450 m confèrent au café un profil gustatif unique.

Un autre café qu’il faut découvrir est le Malabar moussonné AA abordé plus haut. Il connaît le même procédé que le Old Brown Indonesia de Java, dont le goût a été transformé par l’exposition à l’air salin et à l’humidité. Les cafés moussonnés sont considérés comme un délice par beaucoup.

Pour acheter du café indien, je vous invite à opter pour l’une des marques suivantes : Comptoirs Richard, Ekita, Origeens Gabriel, Malongo, Brûlerie des cantons, Bruléa, Étienne, Nespresso, Café Royal, La cafetière catalane.

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