Paysage du Cameroun

Le café camerounais

Chaque jour, environ deux Français sur trois boivent une tasse de café avant toute autre activité. Noir, sucré ou au lait, les Français ont élevé le café du matin au rang de rituel. Celui-ci nous vient principalement d’Amérique du Sud, d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud-est.

Le Cameroun est le 6e producteur d’Afrique derrière l’Éthiopie, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie et le Kenya. Il devrait produire 500 000 sacs de 60 kg de grains de café pour l’année caféière 2020/2021. Le Cameroun représente moins de 0,3 % de la production mondiale de café.

Pays cultivant surtout du Robusta, le Cameroun se tourne depuis peu vers l’arabica, profitant ainsi de ses régions à l’altitude élevée et de son climat tropical et humide.

Abordons brièvement l’histoire et les caractéristiques du café camerounais, ce que j’en pense et quel est son meilleur café.

L’histoire du café au Cameroun

Le Cameroun relie l’Afrique occidentale à l’Afrique centrale. Avec une occupation de 70 % de la population active, l’agriculture constitue un des piliers de son économie.
En plus du pétrole et du gaz, le Cameroun dispose de ressources très largement diversifiées.
Sa situation géographique l’a doté d’une agriculture à la fois riche et variée. On peut citer le cacao, le café, l’huile de palme, la banane, le mil, les ignames, l’arachide…

L’aventure du café débute probablement en Haute-Éthiopie où il était consommé sous forme de boisson et d’aliment. Il est transféré au Yémen qui va en développer la culture. La position du pays, au carrefour des routes de caravanes, et l’accès à la mer avec le port de Mocha permettent au café gagner de nombreux pays arabes.

En Europe, il nous arrive aux alentours de 1600 avec des marchands vénitiens. Il a fallu attendre la fin de ce siècle pour voir les Hollandais puis d’autres Européens commencer à en répandre la culture dans d’autres pays.

La culture du café au Cameroun débute vers 1884. Jusqu’en 1925, les colons français se limitaient à l’étude de quelques variétés de café dans les jardins d’essais camerounais (Victoria, Ebolowa, Nkongsamba et Dschang).
Dans les années 1925 et 1926, la culture connait une expansion et s’étend en zone forestière afin d’être testée. En 1927, ce sont les Hauts Plateaux de l’Ouest qui deviennent le lieu d’expérimentation. Les Hauts-Plateaux et la région de Moungo vont s’avérer les terres les plus propices à la culture.

La culture du café s’accélère vraiment à partir de 1929 avec l’arrivée de René Coste un ingénieur agronome affecté à la station agricole de Dschang (1400 m d’altitude). Après avoir étudié la culture du café dans les pays voisins, il revient en 1932. Il applique alors ses découvertes et organise le mouvement coopératif dans l’Ouest-Cameroun afin d’assurer des services dans les domaines de la production de café, de dépulpage par groupes mobiles, de collecte de café en parche et de vente.

Dès les premières années, la production des caféiers se révèle de très bonne qualité.
Dans les années 60, le café va constituer une source de revenus significative pour les populations rurales et atteindre le million de sacs produits.

L’année 1976 marque la création de l’ONCPB (Office National de Commercialisation des Produits de Base) afin d’organiser la commercialisation des produits de base et subventionner les coopératives.

Longtemps, le Cameroun va privilégier la culture du robusta, mais à partir de 1985, le pays connait une crise de ses exportations. L’impulsion de coopératives d’agriculteurs tourne alors la production vers du café Arabica biologique de qualité supérieure.

Au début des années 1990, la Banque mondiale fait pression pour liquider l’ONCPB et libéraliser la filière. C’est l’année 1995 qui marque l’aboutissement de la libéralisation du secteur. Dès lors, les prix d’achat aux planteurs vont baisser et la qualité chuter.
Aujourd’hui, une grande partie de la population a définitivement tourné le dos à l’économie basée sur le café malgré un Plan de Relance et de Développement des filières cacao et café, initié en 2014.

Le Cameroun produit majoritairement du café robusta, de façon extensive entre 800 et 1000 m d’altitude. Malgré une production en dent de scie, le café camerounais bénéficie de sols volcaniques, d’un climat idéal pour la caféiculture et d’une altitude allant jusqu’à 2200 m. Les régions du littoral (notamment le département du Moungo, sanctuaire du robusta) et de l’Ouest, se partagent l’essentiel de la production totale du pays en concentrant plus de 75 % de la production.
Les régions du Centre, de l’Est et du Sud totalisent environ 5 %, et produisent exclusivement du robusta.
Le Nord-Ouest produit uniquement de l’arabica tandis que le Sud-ouest propose les 2 variétés à hauteur de 15 %.

Récolte de café au Cameroun

Particularités du goût du café camerounais

Le Cameroun a longtemps délaissé l’arabica, au profit de la production de robusta qui représente à peu près 85 % de la production. Les graines de robusta, de qualité moyenne, présentent peu d’intérêt et sont surtout utilisées dans des mélanges.
Les 2 cultures principales d’arabica sont les variétés Java et Jamaïque (identique à la variété Blue Mountain).
En plus de ces variétés, la Cirad évoque d’autres cultivars (Foumbot, Babadjou, Santa, Dschang, Kouti, Bourbon, Bourbon Salvadoreno, Blue Mountain Kenya, Illubabor, Kaffa, Mokka, Mokka, Mokka d’Aden, Mulungu, Mysore ou les noms qui rappellent leur origine Réunion, Kenya, Porto Rico, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Salvador)

La qualité de l’arabica du Cameroun varie en fonction de la région de culture. Son meilleur café croît dans la partie supérieure du nord-ouest du pays, dans les régions de Bamileke et de Bamoun.
Dans les zones forestières, des plants d’arabica de haute qualité poussent également et présentent un café doux accompagné de notes sucrées.

Au niveau du goût, la variété Java proposera un café doux et équilibré, accompagné de notes de chocolat et de caramel.
La mention Blue Mountain, héritage du célèbre café jamaïcain, vous fera découvrir un café d’une grande douceur, aux notes florales et chocolatées. Sa faible acidité et son absence d’amertume donnent une tasse gourmande et harmonieuse.

Si vous avez l’occasion, pendant le festival Festicoffee en mai, l’ONCC (Office Nationale du Cacao et du Café) propose la dégustation de différents types de café sur son stand.

L’arabica camerounais peut s’apprécier à tout moment de la journée. Il est idéal lors d’une pause-café où vous pourrez apprécier toutes les saveurs du café camerounais.

Mon avis sur le café du Cameroun


L’arabica du Cameroun figure dans mes cafés préférés. J’adore son équilibre et sa douceur. Je ne me souviens pas avoir été déçu en buvant du café camerounais.

Je recommande de l’acheter en grains, les arômes sont mieux conservés sous cette forme qu’avec du café moulu.

Lorsque je bois du café du Cameroun, je ressens la richesse du sol volcanique sur laquelle il s’est épanoui, et les conditions climatiques idéales dont il a profité pendant sa croissance.

Meilleur café camerounais : quelle marque choisir ?

Comme je viens de le mentionner, je vous recommande d’acheter le café camerounais sous forme de grains. Ainsi, vous aurez du café plus frais et plus aromatique que sous forme moulue. De plus, les grains font l’objet d’une sélection plus stricte.

Depuis quelques années, il y a une hausse des exportations de café de qualité extra-prima, prima et supérieure. Ces dénominations renvoient à la classification commerciale du café au Cameroun. En fait, il y a 2 systèmes de classification du café au Cameroun : par nombre de défauts constatés dans un échantillon de 300 grammes et par taille.

Nombre de défauts tolérés

Nom

8

Extra-prima

16

Prima

32

Supérieur

64

courant

Cell
Cell

source : ico.org

Cell

Type

Crible

E

20

A

18-20

AB

17-18

B

17

C

Caracolis

D

16

N

13

Le grain caracoli, aussi connu sous le nom Peaberry, provient d’une anomalie de la cerise. Normalement, chaque cerise est composée de 2 graines. Parfois, certaines cerises ne contiennent qu’un grain, c’est le cas du caracoli. Plus concentré en nutriments, il offre une tasse plus riche en arômes et en saveurs.

Pour acheter du café du Cameroun, je vous invite à choisir l’une des marques suivantes : Cafés Miguel, Cafés Le Bonifieur, La Brûlerie de Chanaz, Nespresso, Cofféa, Bibal, Café Kaldi, Café Philber, Noix d’ébène.

Laissez un commentaire 2 commentaires

Joel Ngomsi Répondre

Bonjour ,

Très beau article , c’est vrai que le café du cameroun est un trésor gustatif .
Plus particulièrement sa variété Blue Mountain qui est juste parfait en bouche après une mouture fraiche …
Je vous recommande également de commander le Café Blue Mountain Cameroun sur le site : https://www.noixdebene.com

Joel

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