Récolte de cafré au Guatemala

Le café guatémaltèque

En France, le café est un des incontournables du petit-déjeuner. C’est la boisson préférée des Français, après l’eau. Il nous vient principalement d’Afrique, d’Amérique du Sud ou d’Asie, mais nous allons nous intéresser ici à celui qui nous vient du Guatemala.

Pour la période 2020/2021, le Guatemala est le 11e producteur de café vert à hauteur de 2 %, en exportant 3,65 millions de sacs de 60 kg. Depuis les années 2000, le pays a perdu beaucoup de capacité de production. La valeur marchande ne couvrant plus les coûts de production, beaucoup d’exploitants ont commencé à privilégier d’autres cultures.

Le café guatémaltèque est réputé pour les cultures riches en caféiers fruités, pauvres en taux de caféine et le terrain extrêmement fertile sur lequel il grandit. Ce pays relativement petit possède l’une des régions les plus diversifiées du monde sur le plan climatique.

Entamons un court résumé de l’historique du café guatémaltèque, ses particularités, ce que j’en pense et quel est le meilleur café du Guatemala.

L’histoire du café au Guatemala

Le Guatemala est un pays d’Amérique centrale qui se situe au sud du Mexique. L’agriculture compte pour 75 % des exportations avec des produits comme le café, le sucre, la banane, la cardamome, la noix de muscade.. Avec près de 60 % de descendants mayas, le Guatemala est le pays d’Amérique latine qui, après la Bolivie, compte le plus d’Amérindiens.

À l’origine, le café nous vient d’Afrique. Les premiers caféiers poussaient en Éthiopie à l’état sauvage. Ces fruits aux vertus stimulantes étaient préparés en bouillies ou en infusion par les paysans. Les graines de caféier traversèrent ensuite la mer rouge pour être mises en culture au Yémen au 12e siècle et se répandirent dans le monde musulman durant le 15e siècle. Ce sont les commerçants de Venise qui vont l’importer en Europe, en 1615.
Par la suite, les Européens vont en exporter la culture dans les régions tropicales, là où les conditions sont idéales pour la croissance.

Les jésuites espagnols importent les premiers plants de café du Yémen au Guatemala, à Antigua, dès le 18e siècle. D’abord utilisé comme plante ornementale, comme au Costa Rica, le développement de la culture est favorisé par des planteurs allemands.
En 1773, beaucoup de ces plantations ont été dévastées par un tremblement de terre. Celles qui ont résisté ont été transférées dans la nouvelle capitale, Guatemala.
En 1821, le Guatemala s’émancipe de l’Espagne et reste quelque temps dans l’Empire mexicain.
Dans les années 1850, l’industrie du café prend son essor au Guatemala avec l’arrivée d’Européens encouragés par le gouvernement à établir des plantations. Pour prendre la place du marché d’exportation de l’indigo et de la cochenille, le café est devenu l’un des moteurs de l’économie guatémaltèque.

De 1871 à 1885, le président Justo Ruffino Barrios mène une politique de réforme des institutions et de l’État en s’appuyant sur le développement d’un capitalisme agro-exportateur. Au nom de la modernisation du pays, il confisque et met en vente les terres communales dont profitaient les communautés indiennes et les paysans métis. Il instaure également le travail forcé dans les latifundia (exploitations agricoles).
Durant cette période, les paysans indiens sont obligés de travailler de 100 à 150 jours par an dans les plantations de café, le café représente 90 % des exportations du Guatemala.

En conséquence des mauvaises conditions de vie et d’exploitation intolérables, à la fin du siècle, les Indiens finissent par se soulever contre des chefs politiques, des intendants ou des planteurs. Durant cette période, les grands propriétaires terriens et les compagnies étrangères consolident leur influence sur le pouvoir politique et économique du pays.

En 1902, une compagnie américaine, la United Fruit company, s’implante au Guatemala. Le gouvernement de Manual Estrada Cabrera lui fait construire une ligne de chemin de fer, lui accorde des avantages portuaires à Puerto Barrios et des lots de terres fertiles.

À partir de 1940 commence la fin de la période libérale née à la fin du 19e siècle. Pour le président, Juan Jose Arevalo, l’État, doit favoriser la petite industrie et la création de petites propriétés agricoles et mettre fin au système de travail forcé des journaliers mis en place en 1877.
L’année 1948 voit la création de la Confédération Générale du Travail Guatémaltèque (CGTG) qui rassemble rapidement 90 000 membres. Le président suivant, Jacobo Arbenz, face aux fortes inégalités dans la répartition des terres, engage une réforme agraire. Les grands domaines non cultivés sont démembrés et distribués aux paysans par le biais de comités agraires locaux.

Les grands propriétaires terriens répliquent et l’Amérique d’Eisenhower intervient à travers Carlos Castillo Armas pour renverser le président guatémaltèque en 1954. Dès lors, l’UFCo et les autres multinationales peuvent faire rédiger un autre code du travail et surtout de récupérer les terres aux paysans.
S’ensuit une période de guérilla, puis d’une guerre civile en 1962 qui débouche sur la création, en 1978, du Comité d’union paysanne. Ce n’est qu’à cette période que l’on décida d’étendre la culture à tout le pays. Durant les années 70, elle sort des zones traditionnelles (San Marcos et Retalhuleu) pour arriver à Antigua Guatemala à Sacatepéquez.

Vous vous interrogez peut-être sur la relation entre l’histoire politique et la culture du café ?

Croyez-nous, c’est extrêmement lié. Tous ces évènements économiques et politiques ont fait que l’industrie du café a connu une histoire chaotique. De nombreux planteurs ont quitté la culture du café, les travaux d’infrastructure n’ont pas été faits.
Heureusement, 20 années de paix, des initiatives comme la création de l’ANACAFE (Asociación Nacional del Café) et ses cafés de spécialité ont donné à la population la chance dont elle avait besoin pour se remettre sur pied et recommencer à prospérer.

La production de café guatémaltèque a atteint son meilleur niveau à la fin du 20e siècle (4,4 millions de sacs de café de 60 kg) mais a baissé d’un tiers en quelques années seulement, les prix du café ayant chuté et la maladie de la rouille ayant attaqué les cultures en 2013.

Le Guatemala cultive presque essentiellement du café arabica tandis que l’ANACAFE l’encourage activement à l’expansion du robusta. Si le Guatemala propose un café très réputé, c’est pour sa variété de sols, de précipitations, d’altitudes et de températures permettant de produire plusieurs types distincts de café arabica.
L’ANACAFE distingue les régions : Antigua, Fraijanes, Acatenango, Atitlán, Cobán, San Marcos, Huehuetenango, Nouvel Est.

grains de café du Guatemala

Particularités du goût du café du Guatemala

Au Guatemala, on trouve principalement 4 variétés de café arabica : Arabigo, Bourbon, Typica, Margogype. Bien que la production de Maragogype diminue, le Guatemala produit quelques cafés mutants de haute qualité. La variété originale de café Bourbon est en train d’être remplacée par de nouvelles variétés, moins originales, mais au rendement plus élevé.
Le Guatemala cultive une petite quantité de robusta sur la côte Pacifique.

Tous les grains du Guatemala ont un arôme épicé, chocolaté. Ce café d’Amérique centrale réussit ainsi à donner un café corsé, au goût à l’acidité marquée, mais harmonieuse.
Selon la zone de culture, certains grains ont une douceur naturelle et des notes de chocolat ou de caramel, tandis que d’autres ont des arômes de fleurs et d’agrumes. Dans l’ensemble, le café du Guatemala séduit par son corps bien structuré et son acidité modérée.

Selon l’ANACAFE, les différents terroirs de caféiculture sont

  • La région d’Antigua est la région productrice de café la plus connue du Guatemala.
    Elle propose un café qui vous enchantera avec un corps onctueux et corsé, riche en saveur. L’altitude, le sol volcanique riche en nutriments et les conditions climatiques idéales créent un environnement idéal pour la culture de grains de café arabica de haute qualité avec de belles notes de chocolat et de noix.
    La mention SHB (Strictly Hard Bean) permet de s’assurer de la meilleure qualité de grain.
    Contrairement à de nombreux cafés d’Amérique centrale, celui qui nous vient d’Antigua a une texture riche qui se prête très bien aux torréfactions d’expresso.
  • Atitlán est la région qui possède le sol le plus riche en matière organique du pays.
    La majorité du café cultivé et préparé de façon traditionnelle dans cette région est de type Bourbon. Des grains de café Typica, Caturra et Catuaí y sont également cultivés.
     Le climat venteux et humide contribue à procurer une acidité vive assez prononcée, un corps plein, des arômes floraux riches et des notes épicées complexes.
  • La région de San Marcos est la plus ancienne, la plus chaude et humide.
    Elle propose des cafés avec une acidité prononcée, un corps assez léger, une puissance aromatique délicate et quelques notes de noix. Son goût est équilibré et sa proximité avec le Pacifique lui procure des notes florales délicates.
    Le San Marcos présente une excellente alternative aux régions productrices de café plus connues du Guatemala, notamment pour sa production de café Geisha.
  • Huehuetenang est la région la plus haute et la plus sèche du pays.
     Située à la frontière du Mexique, elle produit un café au profil complexe qui a généralement un corps plein et des notes d’épice ou de chocolat. Son arôme enivrant d’épice et de bois est suivi d’une saveur riche avec belle finale propre.
    On y trouve les variétés Bourbon, Caturra et Catuaí.
  • La région de Cobán, au nord, est très différente d’autres terroirs du Guatemala : nuageux, pluvieux et frais.
    Ses cafés ont un corps moyen et une acidité légère avec des saveurs fruitées. L’arôme est parfumé et a des notes de vin léger. Les variétés cultivées sont de type Bourbon, Maragogype, Catuaí, Caturra et Pache.
    Son climat frais et pluvieux rendant difficile le séchage naturel du café, le séchage mécanique traditionnel y est très répandu.
  • Fraijanes, région humide et pluvieuse, abrite le volcan le plus actif du pays, le Pacaya.
    Elle délivre un café à la saveur comparable à celui d’Antigua. Mais il est légèrement plus acide et a un arôme doux. Son sol, son humidité, ses températures permettent à cette région de produire des grains de café de niveau SHB avec des notes sucrées de caramel.
  • Nuevo Oriente/Nouvel Est, près de la frontière avec le Honduras, connait un climat pluvieux et nuageux, mais avec des températures stables.
    Les cafés de Nuevo Oriente sont aromatiques avec une acidité marquée. Ils donnent des notes chocolatées, sucrées.
    Les grains de café Bourbon, Catuaí, Caturra et Pache sont tous cultivés dans la région du Nuevo Oriente.
  • La vallée Acatenango est le terroir le plus récemment reconnu.
    Elle connait les rafales tempérées de l’océan Pacifique et des saisons tempérées. Ces conditions permettent à son café d’y être séché puis transformé au soleil selon la tradition familiale ancestrale. De plus, les éruptions du volcan Fuego ont fourni au sol ce qu’il faut pour aider les plants de café à pousser de manière saine.
    Le café Acatenango délivre une saveur ronde en bouche, sucrée avec une bonne acidité et des notes d’agrumes, de fruits ou de noix.
    Les variétés couramment cultivées dans la région sont Caturra, Bourbon et Catuaí.

Le café guatémaltèque s’apprécie à n’importe quel moment de la journée.
Il est idéal pour accompagner votre routine matinale aussi bien pour un cappuccino qu’une simple tasse de café noir.
Vous allez vraiment apprécier l’équilibre de ce café et ses délicates notes florales ou de chocolat.

Mon avis sur le café du Guatemala


Le café du Guatemala est clairement dans les plus fins que je connaisse. J’adore son équilibre, mais aussi sa complexité. Je ne me souviens pas avoir été déçu en buvant du café guatémaltèque.

Parmi les différents terroirs, j’ai une affection particulière pour celui qui nous vient d’Antigua, notamment pour ses notes de chocolat et de noisettes.

Je vous recommande de l’acheter en grains, les arômes seront mieux préservés sous cette forme.

Quand je bois du café du Guatemala, je ressens la richesse du sol dans lequel il a évolué, et les efforts faits par de nombreuses plantations de la filière équitable.
À ce propos, un podcast de France Culture très intéressant sur le sujet :


Meilleur café guatémaltèque : quelle marque choisir ?

Comme je viens de le mentionner, je vous invite à privilégier du café du Guatemala sous forme de grains. Effectivement, le café en grains développera mieux ses arômes que le café moulu. De surcroît, les grains proviennent d’une sélection plus stricte.

Au Guatemala, la production d’arabica se divise donc entre les variétés traditionnelles Bourbon, Catuaí, Caturra, Pache et Typica.
Dans les variétés récemment introduites, on trouve Geisha, Pacamara, Maragogype, Villa Sarchi, Maracaturra, Catimor, Sarchimor.

Voici un aperçu de ce que vous pouvez attendre des meilleurs cafés du Guatemala :

  • Notes de chocolat : doux-amer, chocolat au lait, cacao..
  • Noix
  • Caramel
  • Notes fruitées d’agrumes ou d’épices
  • Corps moyen ou corsé
  • Principalement du grain arabica
  • Haute qualité
  • Complexité des saveurs (particulièrement en provenance de Huehuetenang).

Étant donné la diversité des terroirs, ces caractéristiques se distribuent différemment. Grossièrement, on pourra dire que le cru provenant de la région de Huehuetenang proposera un café plein de saveurs et d’arômes complexes (cerise, chocolat et épices). Celui d’Antigua sera corsé, riche en saveur et onctueux. Si vous aimez les cafés équilibrés avec des notes de chocolat et de noisettes, cela pourrait être celui qu’il vous faut.
Enfin, nous retenons particulièrement le terroir de San Marcos pour son café plus doux, au corps plus léger.

Jetez un coup d’œil sur ces cafés pour décider par où commencer dans votre exploration des cafés guatémaltèques les plus délicieux.

Comme nous l’avons mentionné, les cafés de qualité sont vendus par grades, suivant l’altitude. Le plus haut grade, Strictly Hard Bean (SHB) correspond au café cultivé à plus de 1500 mètres d’altitude. C’est un gage de qualité, car ils poussent plus lentement et délivrent un arôme plus fin.

Pour acheter du café du Guatemala, je vous recommande d’opter pour l’une des marques suivantes : Lobodis, Alter Eco, Café Royal, Illy, Café Michel, Nespresso, Brocéliande, Starbucks, Auchan, Destination bio, L’Or, Maison du Café, Gilbert, Café Henri, Cafés La Tour, Faubourg café, Aromas de café.

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