Plantation de café au Nicaragua

Le café nicaraguayen

Avec 255 kg consommés par seconde dans le monde, le café représente la 3e boisson la plus bue dans le monde. Il est cultivé dans la ceinture équatoriale, en Amérique, Afrique, Asie et Océanie.

Le Nicaragua est le 4e producteur d’Amérique centrale derrière le Guatemala, le Mexique et le Honduras. Sa production pour 2020/2021 est estimée à plus de 2 millions de sacs de 60 kg de grains de café, ce qui le classe 12e producteur mondial.

Le Nicaragua offre une riche gamme de cafés. La diversité de ses microclimats, son nombre de variétés, la traçabilité ainsi que les certifications biologiques et équitables en font un choix sûr.

Abordons un résumé du développement du café au Nicaragua, ce qui le distingue des autres, ce que je pense du café nicaraguayen et son meilleur café.

L’histoire du café au Nicaragua

Au cœur de l’Amérique centrale, le Nicaragua forme une étroite ceinture qui relie l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. Son économie, essentiellement agricole, repose sur plusieurs productions, dont le maïs, le sorgho, le haricot, le café, la banane, l’ananas et la canne à sucre.

À l’origine, le café nous vient d’Afrique, plus particulièrement d’Éthiopie. L’histoire raconte qu’un berger découvre les propriétés excitantes de ces baies sur ses chèvres. Exporté au Yémen, il faut attendre le 15e siècle pour observer une période d’expansion. Introduit dans l’empire ottoman et en Afrique du Nord, la culture du café remonte vers le nord pour atteindre la ville de Constantinople.

Un explorateur et médecin allemand, Leonhard Rauwolf, est le premier Européen à observer la préparation et la consommation du café. Il le mentionne dans son journal de voyage en 1583.

Débute alors l’introduction du café en Occident. Aux alentours de 1600, des marchands vénitiens l’importent en Europe, suivis par les Hollandais, les Anglais, les Français. Par la suite, la colonie néerlandaise de Ceylan reçoit un plant dérobé au Yémen, qui en préservait le monopole.
Ce premier essai est un échec, mais les plants venant de Ceylan commencent à gagner de nombreuses colonies (Martinique, Saint-Domingue, Guadeloupe) pour gagner le Brésil en 1727.

Au Nicaragua, le café débarque assez tardivement en 1790, sur l’initiative de missionnaires catholiques. La demande croissante de café amène au milieu du 19e siècle un accroissement des terres cultivées. Les premières cultures de café Arabica à des fins commerciales ont été effectuées par le père Manuel Matuz Torres, dans une plantation près de Jinotepe en 1825. Cela a permis que le café devienne, en 1870, le produit agricole le plus exporté.
Avec la plupart des revenus du café partant à l’étranger ou à un petit nombre de propriétaires, le Nicaragua s’assimile, vers la fin du siècle, à une république bananière.

Les premières coopératives de planteurs voient le jour au début du 20e siècle, mais les troubles politiques ont, plusieurs fois, perturbé l’évolution de la production.
Que ce soit le contrôle militaire par les Américains, le régime dynastique de la famille Somoza ou la révolution sandiniste de 1979, le développement de la filière a été difficile.
Avec le retour de la démocratie, la production a retrouvé un niveau normal, bien que l’ouragan Mitch ait détruit 10 % de la récolte de café en 1998. 

La fin du 20e siècle a vu l’action de l’USAID (U.S. Agency for International Developpement), de Fairtrade, de l’UCPCO (Unión Cooperativa Productores de Café Orgánico) structurer les petits producteurs en coopératives et sociétés de producteurs et proposer un café plus équitable.
Ces derniers se sont fédérés autour de l’UNICAFÉ (Union des caféiculteurs du Nicaragua) puis de la CONICAFÉ pour valoriser leur secteur.

Le gouvernement nicaraguayen a approuvé il y a plusieurs années l’établissement de lots commerciaux de café robusta dans la région des Caraïbes.

Néanmoins, le Nicaragua produit presque exclusivement du café arabica. Si son café est réputé, c’est en grande partie grâce à l’exceptionnelle fertilité des sols, ses reliefs variés, sa grande diversité climatique.

La production de café se concentre dans :

  • La région du Centre Nord produit 80 % du café dans les zones Matagalpa, Jinotega et Boaco ;
  • La région du Nord-Est produit 15 % du total dans les zones de Madriz, Nueva Segovia et Estelí ;
  • La région du Sud propose un peu moins de 5 % de la production dans les départements de Carazo, Granada, Masaya, Managuay Rivas.

La production se répartit entre grandes exploitations individuelles, coopératives et associations de petits producteurs.
L’altitude comprise entre 700 et 1500 m et des sols fertiles fournissent un environnement idéal au café nicaraguayen.

Café torréfié du Nicaragua

Particularités du goût du café nicaraguayen

Au Nicaragua on retrouve plusieurs variétés de café arabica : Caturra, espèces Bourbon et hybrides H1 et H3, Catimor, Maragogype (en baisse à cause de son faible rendement), Maracaturra, Catuaí.

Café typique d’Amérique Centrale, son acidité est néanmoins plus légère que la plupart des autres cafés d’Amérique Centrale.
En règle générale, il vous proposera de fines notes de caramel et de chocolat au lait. Son corps complexe et sa douceur naturelle complètent l’expérience de dégustation.

Le goût du café nicaraguayen varie selon la région. Ainsi, le terroir de Jinotega proposera un café bien rond, doux et profond tandis que celui de Segovia vous procurera des notes plus fruitées.

On peut ajouter que son arôme sera plus prononcé s’il provient des altitudes les plus élevées du Nicaragua. Ainsi, la mention SHG (Stricly High Grown) signifie que le café a poussé à haute altitude. Cela lui permet de se développer plus lentement et de donner un fruit de qualité supérieure, plus dense.

Grade

Tout savoir sur le café du Nicaragua 5

SHG (Stricly High Grown)

Plus de 1500 m

HG (High Grown)

Entre 1300 et 1500 m

GW (Good Washed)

Entre 1000 et 1300 m

LG (Low Grown)

En dessous de 1000 m

Le grade SHG peut être complété par la mention EP qui signalera un triage qualitatif.

Bien que la certification café biologique ne soit généralement pas mentionnée, la plupart des plantations font de l’agriculture biologique en raison du coût des pesticides et du manque d’infrastructure.

Le café nicaraguayen peut se déguster n’importe quand dans la journée, à la manière des Nicaraguayens. Il est idéal pour une pause-café où vous allez pouvoir apprécier sa légère acidité. 

Mon avis sur le café du Nicaragua


Le café du Nicaragua est à consommer sans modération. J’adore notamment le corps léger de son Maragogype. Café d’exception dont la fève est 2 fois plus grosse que les autres variétés de café, il propose un arôme fruité et subtilement épicé.

Je ne me souviens pas avoir été insatisfait avec cette origine de café.

Je vous conseille de le prendre en grains. Les arômes seront mieux préservés que sous forme moulue.

Boire du café du Nicaragua m’évoque la richesse de ses sols, la diversité biologique, les efforts des petits producteurs de ce pays.

Meilleur café nicaraguayen : quelle marque choisir ?

Comme je viens de le mentionner, je vous encourage à privilégier le café du Nicaragua sous forme de grains. Ainsi, vous aurez un café plus frais et plus aromatique que le café moulu, les notes de caramel, d’agrumes ou de chocolat au lait se révéleront plus clairement.

Nous avons vu que le Nicaragua proposait presque essentiellement du café arabica.
Bien que le Nicaragua ait historiquement cultivé des variétés performantes (Typica, Bourbon, Caturra, Maragogype…) dans des zones relativement basses (800-900 m), la lutte contre la maladie de la rouille et l’éloignement des petites exploitations l’ont empêché de parvenir à un statut d’origine unique.
Pourtant, le Nicaragua gagne à être reconnu pour ses cafés biologiques et équitables.

Le commerce du café nicaraguayen est assez bien établi et un approvisionnement régulier est disponible sur le marché. Beaucoup de torréfacteurs de café de spécialité importent du café nicaraguayen.

Pour acheter du café bio du Nicaragua, je vous conseille de vous diriger vers l’une des marques suivantes : Lobodis, Torréfaction Dagobert, Carte Noire, L’Origine du goût, Malongo, Aromandise, Café le bonifleur, l’Atelier des Cafés, Nespresso, Comptoirs Richard, Les Cafés Dagobert, Artisans du monde.

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