Plantation de café au Pérou

Le café péruvien

Plus de huit Français sur dix consomment du café tous les jours (83 %). Le secteur ne cesse de croître dans l’Hexagone, dopé par les dosettes, la montée en gamme et le courant bio.

Le Pérou est le 9e producteur mondial de café au monde derrière le Brésil, le Vietnam, l’Indonésie, la Colombie, l’Éthiopie, l’Inde, le Honduras et l’Ouganda. Il produit exclusivement du café arabica avec un total de 4 450 millions de sacs de 60 kg prévus pour la période 2020/2021 sur une surface de plus de 380 000 hectares.

Le café péruvien est l’un des plus réputés grâce à sa compétitivité et à la disponibilité de vastes espaces favorables à la production de café.

Abordons un court résumé de l’histoire du café péruvien, sa singularité, ce que le café péruvien m’évoque et quel est son meilleur café.

L’histoire du café au Pérou

Le Pérou est un pays d’Amérique du Sud situé le long de la cordillère des Andes, sur l’océan Pacifique.
Grand pays minier, le Pérou est le premier producteur mondial d’argent, le 8e de cuivre et de zinc, et le 5e d’or. Son économie agricole d’exportation repose sur la canne à sucre, le café, le coton, le riz, le blé, le maïs, l’orge, mais aussi des fruits tropicaux et certains légumes. C’est notamment le premier exportateur mondial d’asperges.

À l’origine, le café provient d’Éthiopie. Par la suite, il s’étend à travers le monde musulman. Les commerçants vénitiens vont l’importer en Europe. Par la suite, ceux-ci vont en exporter la culture en Asie et en Amérique du Sud, dans les régions tropicales, là où les conditions climatiques sont propices à la culture du café.

Au Pérou, le café est cultivé dès le début du 18e siècle, mais il n’a pas eu de rôle majeur dans l’économie du pays jusqu’aux années 1990.

Des sources historiques signalent l’arrivée de caféiers à Lima en 1760, en provenance de Guayaquil (qui faisait partie de la vice-royauté du Pérou).
Il semble qu’il existait auparavant quelques caféiers à Huanuco et que le district de Chinchao fut la zone où démarra la caféiculture péruvienne entre 1740 et 1760. Sa culture visait à satisfaire le marché intérieur.

Il faut attendre 1850, dans la vallée du Perené, colonisée par les Français, Allemands et Anglais pour voir surgir une zone caféière de premier ordre. En 1887, commencent les exportations vers l’Allemagne et l’Angleterre, mais la chute des cours lors de la décennie suivante provoqua une diminution de l’offre péruvienne.

Le développement de la filière a longtemps été limité (préférence accordée aux activités minières, faible présence humaine, absence d’infrastructures au sein des zones aptes à la caféiculture…).
Au début des années 1900, le gouvernement britannique a pris possession d’environ 2 millions d’hectares de terres du gouvernement péruvien en remboursement d’un prêt, et une grande partie de ces terres sont devenues des plantations de café appartenant aux Britanniques.

Il faut attendre la seconde moitié du 20e siècle pour voir démarrer les travaux d’infrastructures afin de faciliter la circulation entre cette zone et le reste du pays.
Les conditions nécessaires au développement de l’activité caféière n’ont été atteintes qu’au cours des années 1950, mais il faudra attendre les années 1990 pour constater un véritable boom de cette activité.

L’histoire de la fin du 20e siècle est intimement liée à celle des premières coopératives caféières dont la création a été favorisée par le gouvernement.
Elles ont émergé au début de la régulation du secteur mondial par l’A.I.C. (Accord International du Café) qui fournissait un cadre des prix. L’objectif des coopératives était de reprendre le contrôle direct de la commercialisation des produits aux commerçants qui ne reversaient, en moyenne, que 30 % de la valeur des exportations.
Le gouvernement les soutenait en leur attribuant des quotas au détriment des exportateurs privés et via la création d’une banque agraire pour assurer leur financement.

Si entre 1962 et 1974 le pays produisait annuellement et en moyenne 1,39 % de la production mondiale (60 075 tonnes), entre 1975 et 1989 il fournissait en moyenne 1,68 % de l’offre mondiale (87 270 tonnes).

En ce qui concerne les effets de la guerre civile au Pérou (1980-2000), ils sont beaucoup plus difficiles à évaluer. Les indicateurs péruviens sont restés supérieurs à ceux de la moyenne mondiale pendant la période malgré une forte baisse de production dans les années 1989 et 1990.

Depuis la fin de l’A.I.C. en 1989, la production de café au Pérou est en pleine expansion. Les mécanismes de régulation publique sont abandonnés, la banque agraire est dissoute et la libéralisation de l’économie se poursuit sous le gouvernement Fujimori.

Les coopératives et faîtières auparavant soutenues par l’État subissent alors le changement d’orientation gouvernementale. Beaucoup d’entre elles disparaissent.

Celles qui subsistent se transforment en coopératives de services au bénéfice des producteurs-propriétaires de leurs terres.
Le nouveau contexte économique incite les acteurs privés à investir dans le café. Dans les années 2000, ceux-ci décident de se positionner sur la production de qualité.

Depuis, le Pérou continue sa stratégie de production d’un café de qualité pour l’export. Il reste néanmoins moins cher que celui d’origine colombienne et éthiopienne.

Depuis les années 2010, le Pérou est l’un des principaux producteurs de café arabica, souvent classé cinquième pour la production et l’exportation mondiales d’arabica.

Le Pérou produit uniquement du café Arabica. Si son café est l’un des plus réputés, c’est en grande partie grâce aux conditions climatiques. La culture se fait presque exclusivement dans les zones forestières des Andes sur de petites plantations en forêt (environ 90-98 %). Approximativement 75 % de la récolte pousse à une hauteur comprise entre 1 000 et 1 800 m. Cette altitude, une situation géographique exceptionnelle et un vrai savoir-faire offrent des conditions optimales pour le café péruvien.

Géographiquement, on peut distinguer trois grandes zones caféières :

  • le bloc nord (comprenant les districts des régions de Piura, Cajamarca, Amazonas et San Martin) ;
  • le bloc centre (où se trouvent les districts des régions de Junin, Cuzco, Oxapampa et Ayacucho) ;
  • le bloc sud (districts de Puno).

 Le café est désormais la deuxième culture en matière de superficies cultivées, après le riz.

Cerises de café péruvien

Particularités du goût du café péruvien

Le café péruvien est exclusivement de type arabica, dont 70 % de Typica et 20 % de Caturra. Les 10 % restants sont répartis entre les variétés Bourbon, Catimor, du Catuaí, du Mondo Novo, du Pacha.

En matière de qualité, le café péruvien peut être comparé aux autres pays d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. La production de meilleure qualité est exportée en Allemagne, au Japon et aux États-Unis, où il est généralement ajouté aux mélanges.
De même, en France, le café péruvien est essentiellement intégré dans des mélanges.
Pour les torréfacteurs français, il a comme avantage d’être de bonne qualité et moins cher que ses concurrents directs, comme la Colombie.

Son goût dépend beaucoup de l’endroit où il a été cultivé.

Ainsi, les plantations de basse altitude (près de Nambale, prés de la frontière avec l’Équateur) proposent un café au corps moyen, une acidité douce avec des notes de fruits, de fleurs, de noix.
Quand vous montez dans les hautes terres des Andes, dans les plantations qui sont proches du Machu Picchu et de Cusco, son acidité est plus accentuée. Le café qui y est récolté délivre des arômes floraux bien marqués.

En somme, les grains péruviens sont très recherchés par les connaisseurs. Rien d’étonnant, ils sont diversifiés, digestibles et aromatiques.

Beaucoup de caféiculteurs péruviens ont désormais la possibilité de faire valoir leurs talents en faisant connaitre leur café sur le marché international. Aucun doute que les grains de café péruviens gagneront en renommée une fois que leurs saveurs spécifiques auront été goûtées et appréciées par les connaisseurs de café du monde entier.

Le café péruvien se consomme à n’importe quel moment de la journée. Il est idéal au moment d’une pause-café ou pour démarrer la journée.

Mon avis sur le café du Pérou


Le café péruvien figure dans mes cafés préférés. J’aime son goût vif et distingué, mais aussi sa légère acidité.
Un élément à prendre en compte est que ce sont parfois les cafés biologiques les plus abordables financièrement sur le marché.

Je ne me rappelle pas avoir été insatisfait en buvant du café péruvien et vous recommande de l’acheter sous forme de grains. Ainsi, les arômes seront nettement mieux conservés qu’avec du café moulu.

Quand je bois du café du Pérou, je ressens la qualité du terroir sur lequel il a été cultivé et les conditions climatiques idéales dont il a pu profiter tout au long de sa croissance.

Meilleur café péruvien : quelle marque choisir ?

Comme je viens de l’évoquer, je vous encourage à acheter du café du Pérou en grains. Effectivement, le café en grains est plus frais et plus aromatique que le café moulu. De plus, les grains résultent d’une sélection plus stricte.

Les grains de la plus haute qualité poussent dans les régions de Norte, Puno, Cusco et Chanchamayo.

Le café provenant de Chanchamayo vous procurera un goût floral sophistiqué. Il est considéré comme le meilleur café péruvien, un must pour tout amateur de café.
Il dégage un arôme sucré avec des notes de noix et d’agrumes. Café très apprécié, il se distingue des autres cafés péruviens par ses nuances florales.

Pour sa part, la partie nord de la cordillère des Andes propose un café bio riche d’un arôme boisé et de notes distinctes de noix et de caramel.

Centrocafé est également gage de qualité. Cette coopérative, établie dans le Nord du Pérou, accompagne ses 3000 producteurs pour fournir un café premium. Situés dans les zones de Huabal, San Ignacio, Jaen, Chirinos et San Jose de Lourdes, ses producteurs proposent un café aux notes de noix grillées et de caramel et à l’arôme d’agrumes.

La région de Cajamarca est également qualitative. Ses producteurs, unis autour de la coopérative Sol y Café, offrent un café biologique et équitable cultivé à l’ombre. Le goût est naturellement sucré avec des notes de chocolat et de noix. Ce café péruvien a également une acidité fruitée et douce. Cette région propose également un décaféiné de qualité, riche en notes de chocolat et d’amande.

Si vous passez par le Pérou, vous aurez de nombreuses occasions de visiter des plantations ou d’y faire du woofing. Par exemple, à Saint Ignacio (près de la frontière avec l’Équateur), « La Finca de los Pinos » permet de séjourner en partageant le quotidien, visiter la finca, en apprendre plus sur le café.

Pour acheter du café du Pérou, je vous invite à opter pour l’une des marques suivantes : Ethiquable, Lobodis, Alter Eco, Les cafés breizhiliens, Artisans du Monde, Cafés Preko, TerraMoka, Cafés Lugat, Terramoka, Moka, Café Michel, Cafés Roger, Nespresso, Nescafé, Brocéliande, DASI Frères.

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