Plantation de café au Vietnam

Le café vietnamien

Dopé par le courant bio, les dosettes et une gamme plus qualitative, le secteur du café continue de croître en France. Plus de 70 pays le cultivent dans les zones équatoriales d’Amérique, d’Afrique et d’Asie.

Le Vietnam est le 2e plus gros producteur de café au monde derrière le Brésil. Il devrait produire plus de 30 millions de sacs de 60 kg de café sur l’année 2020/2021 et représente plus de 17 % de la production mondiale de café.

Véritable institution au Vietnam, le café (cà phê en vietnamien) est réputé pour son côté charpenté et sa forte teneur en caféine. En effet, le pays produit presque exclusivement du robusta.

Voyons un bref résumé de l’histoire du café vietnamien, ce qui le distingue, ce que je pense du café vietnamien et quel est son meilleur café.

L’histoire du café au Vietnam

Pays d’Asie du Sud-Est bordé par la mer de Chine, le Vietnam partage ses frontières avec la Chine, le Laos et le Cambodge. Il bénéficie d’une large palette de cultures et de productions. Les terres agricoles (hors forêts) couvrent 33 % de la surface du pays. Son économie agricole repose sur plusieurs productions, dont le riz, le thé, le café, la canne à sucre, des tubercules, le poivre…

Les premiers caféiers poussaient en Éthiopie à l’état sauvage. Ces arbustes furent introduits au Yémen aux environs du 14e siècle où les premières plantations apparurent. Apprécié pour ses capacités stimulantes, le café va alors gagner la Mecque, Le Caire, Constantinople pour arriver en Europe au 17e siècle. Dès lors, les Européens vont en exporter la culture dans les régions tropicales, où les conditions de culture sont meilleures.

Au Vietnam, le café a été introduit dans les années 1800. À l’époque, le Vietnam est une colonie française qui s’appelle l’Indochine et l’arabica est cultivé dans de nombreuses plantations françaises dès 1857.

Dans les années 1930, les Français diversifient les plantations pour cultiver de l’Excelsa dans le Nord et du Robusta à l’Est. À la fin des années 40, le Front pour l’indépendance du Viêt Nam (Viet-Minh) organise une révolte qui conduit les planteurs à fuir et à l’abandon de nombreuses plantations.

Par la suite, la guerre qui va opposer les Américains au bloc soviétique conduira, dans les années 70, à la collectivisation des terres. Le café se concentre alors dans les fermes d’État.

Au milieu des années 1970, le Vietnam commence à décollectiviser son agriculture et à concentrer ses ressources sur le développement de la production de café. Des millions de paysans vietnamiens viennent alors des plaines rizicoles littorales surpeuplées. Ils s’installent sur les Hauts Plateaux du Centre, en particulier dans la province de Dak Lak où ils développent des plantations caféières au détriment de plusieurs minorités ethniques.

Dans les années 1980, les autorités vietnamiennes commencent à réaliser le véritable potentiel de leur café. Entre 1983 et 1989, l’aide européenne et soviétique ainsi que le lancement de la politique de renouveau permettent le développement du secteur. Le gouvernement commence alors à procéder à l’intensification de la production de robusta et l’expansion de la culture arabica dans le Nord.

En 1990, le Vietnam était la source d’un maigre 1 % du commerce mondial du café. En 10 ans, il est devenu le deuxième producteur et exportateur mondial de grains de café.

Le Vietnam produit presque exclusivement du café Robusta (plus de 90 %) tandis que l’Arabica occupe 6 % de la superficie de la caféiculture. Le reste est de l’Excelsa et du Liberia.
Ses régions montagneuses offrent un climat et une hauteur idéale pour la culture du café. Pour cette raison, il existe une gamme variée d’espèces de café produites, chacune apportant un goût unique.
Avec 200 000 hectares cultivés, la province du Đắk Lắk dans les Hauts Plateaux du Centre fournit 70 % de la production de café du Vietnam. La province de Lâm Đồn au sud des Hauts Plateaux ainsi que le Vietnam septentrional et méridional font également partie des zones de production.
L’Arabica préfère le climat de la région montagneuse du Nord et du Centre du pays (notamment les provinces de SonLa, Lai Chau, Thanh Hoa, Nghe An, Quang Tri, ThuaThienHue).

Plant de café au Vietnam

Particularités du goût du café vietnamien

Comme nous l'avons vu, l'essentiel de la production au Vietnam est constitué de robusta. Avec son goût plus amer et son taux de caféine plus élevé, il est principalement utilisé pour faire du café soluble.
Même si le gouvernement et l’Association du café et cacao du Vietnam (VICOFA) souhaitent doubler la culture de l'arabica à l'horizon 2020 (cf. Agence Reuters), le robusta domine avec 90-95 % de la production.

Aujourd'hui, la variété la plus répandue d'arabica au Vietnam est du Catimor. Cet hybride de Caturra et de Timor à haut rendement et résistant aux parasites n'est pas connu pour sa qualité gustative. Cette variété vous fournira un goût assez plat.

Cependant, certains producteurs commencent à introduire des variétés plus qualitatives, comme du Bourbon Jaune, du Typica, du Catuaí et du TH1.
Les plants arabica mettant des années à arriver à maturité, il faudra attendre un peu pour que la gamme vietnamienne s'étoffe.

Dans le cas où vous dénicheriez du Bourbon, vous découvrirez un café à l'arôme doux, au goût acide avec une finale sucrée. La variété Catuaí, introduite dans les années 80, pourra avoir un goût amer.
On peut également citer le café civette (cà phê Chồn). À l'instar de Sumatra et des Philippines, les excréments de la civette asiatique ayant consommé des cerises de café sont ramassés pour obtenir un café au goût unique. Mais son prix très élevé a amené des producteurs à capturer les civettes sauvages pour les garder en cage.

Si vous avez l'occasion de faire un tour au Vietnam, n'hésitez pas à visiter une des nombreuses plantations de café pour en découvrir plus. Près de Dalat, par exemple, le Me Linh Coffee Shop vous offrira une vue imprenable sur la campagne et les plantations alentour.
Des visites y sont organisées pour en apprendre plus sur le processus de caféiculture 🙂

Le robusta vietnamien s’appréciera surtout le matin. Dans un mélange 80/20 avec de l'arabica, il vous donnera la caféine qu'il faut pour démarrer une journée. 

Mon avis sur le café du Vietnam


N'appréciant pas le pur robusta, le café vietnamien figure peu dans mes cafés préférés.

Néanmoins, certaines marques comme Trung Nguyen proposent des mélanges (ou blend) à base d'Arabica, Robusta, Excelsa et Catimor. Le taux de caféine assez élevé le réserve plutôt au matin.

L’avantage du mélange, c’est qu’il va aller chercher des arômes qui nous plaisent dans certaines origines pour les associer aux arômes d’autres origines. Jouer sur les proportions permet d'obtenir un café plus ou moins corsé.
Le point négatif est le manque d'identité et de singularité du café obtenu.

Dans le cas d'un mélange, je vous recommande de choisir une proportion de 20 % de robusta et de privilégier l'arabica vietnamien. Ainsi, un mélange de 80 % d'arabica avec 20 % de robusta vous procurera une tasse équilibrée.

Meilleur café vietnamien : quelle marque choisir ?

Comme je viens de l’évoquer, je vous encourage à acheter du café du Vietnam sous forme de blend avec une proportion d'arabica plus élevée.

Depuis longtemps, les artisans du café jouent un rôle important sur le marché domestique au Vietnam. Ne disposant pas de statut professionnel, ils transforment eux-mêmes et de façon artisanale, le café en produit fini afin d'être vendu aux consommateurs locaux.

À côté des artisans, les entreprises produisent aussi le café en poudre. Vinacafe, Trung Nguyên et Nescafé sont les trois les plus grandes marques sur le marché domestique. Elles représentent plus de 90 % de café soluble sur le marché intérieur.
D'autres marques plus méconnues ont également tenté de diversifier leur production pour répondre à la demande. Parmi elles, on trouve les labels de café soluble Highlands, Thu Hà, Mê Trang...

Tandis que la demande tend à privilégier un café avec des caractéristiques originales, stables ou « pratiques », le café vietnamien peine à séduire. Les raisons résident surtout dans le manque de qualité gustative et l'absence de transparence sur l’origine et les processus de production, les traitements...

Gageons que le Vietnam arrivera à valoriser les variétés arabica introduites récemment par des marques régionales, notamment pour la région des plateaux du Centre-Tây Nguyên, comme il a pu le faire avec certains thés ou son riz.

Pour acheter du café du Vietnam, je vous invite à opter pour l’une des marques suivantes : La Maison du Vietnam, Trung Nguyen, Mr Viet, Lost village, la Brûlerie de Paimpont, Nescafé, L'échoppe à café.

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