Récolte de grains de café au Yémen

Le café yéménite

En France, les plus gros consommateurs de café ont entre 25 et 34 ans et consomment en moyenne 22 tasses par semaine hors week-end. Avec plus de 5 kg consommés par an, la France se situe loin derrière la Finlande et la Suède dans les pays européens.

Le Yémen est le 10e pays producteur de café en Asie derrière le Vietnam, l’Indonésie, l’Inde, la Nouvelle-Guinée, le Laos, la Thaïlande, les Philippines, la Chine et la Malaisie. Le pays produit un peu plus de 100 000 sacs de 60 kg de grains de café par an, ce qui le place à la 33e place dans le monde.

Le café yéménite est l’un des plus connus au monde pour son ancienneté et sa qualité.

Découvrons un bref résumé de l’histoire du café yéménite, sa singularité, ce que je pense du café du Yémen et quel est son meilleur café.

L’histoire du café au Yémen

Le Yémen se trouve en Asie, à la pointe sud-ouest de la péninsule arabique. Entouré par la Mer Rouge, le Golfe d’Aden et la mer d’Oman, il partage ses frontières avec l’Arabie saoudite au nord et Oman au nord-est.
Pays parmi les plus pauvres du monde, Le Yémen est pourtant la partie la plus fertile de la péninsule arabique. L’agriculture et l’élevage occupent 50 % de la population, notamment pour la production de qāt. Drogue légèrement hallucinatoire, cette plante a envahi plus de 30 % des terres arables et remplacé la majeure partie des plantations de café.

À l’origine, le café nous vient de la région de Kaffa, en Éthiopie. Suivant la légende la plus répandue, un berger du nom de Kaldi aurait vanté l’effet tonifiant du fruit du caféier sur ses chèvres à des moines soufis de la région. Par curiosité, ces derniers décidèrent d’aller cueillir ces fruits, les faire sécher pour préparer une infusion qu’ils burent.
Ils remarquèrent alors que l’infusion leur donnait un regain d’énergie. Le breuvage devint rapidement leur boisson favorite et sa consommation s’installa dans le pays. C’est certainement en Éthiopie que la torréfaction fut inventée afin d’obtenir la boisson aromatique que nous connaissons aujourd’hui.

Probablement au 12e ou 13e siècle, les missionnaires soufis envoyés en Arabie traversèrent la mer rouge en transportant les graines de caféier qui accompagnaient leurs méditations nocturnes. Le terme « qahwa » désigne alors la boisson mystique qui permet d’atteindre le divin. Après les années 1400, les récits montrent que le café s’est déplacé vers le nord, notamment à Instanbul où sera créé le premier café. Les premières traces de consommation avérées sous forme de boisson remontent au 15e siècle.

Après avoir gagné le monde arabe, le café débarque en Europe en 1650. L’usage du café yéménite se généralise à partir de son arrivée en Europe. Il devient un objet de grande consommation, mais, jusqu’au 18e siècle, le Yémen détient le monopole de sa culture.
Des compagnies maritimes européennes comme la East India Company et la compagnie hollandaise des Indes orientales font alors venir le café du port de Moka ou d’Hodeïda vers l’Europe. Ces ports forment vite la plaque tournante du commerce mondial de café en faisant transiter plus de 330 000 sacs de 60 kg à la fin du 17e siècle.

Conscients de la richesse de leur graine, les Yéménites ont essayé de garder le contrôle de la culture du café. Aucun grain non torréfié ne quittait le territoire du Yémen autrement que bouilli, pour qu’il ne puisse pas germer et ainsi être cultivé dans une autre région que l’Éthiopie et le Yémen. Des Hollandais vont parvenir à subtiliser des graines et exporter la culture dans leurs colonies à partir du 18e siècle.

Dès lors, la culture du café a régressé au Yémen, en partie avec la concurrence des cafés d’Afrique et d’Amérique latine. La part mondiale de café yéménite est passée de 100 % en 1708 à 6 % en 1800. Depuis, la culture du qāt est devenue beaucoup plus rentable pour les cultivateurs yéménites.

Le Yémen connait depuis peu l’une des plus graves crises humanitaires au monde. Le blocus mis en place par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a amené près de 10 millions de Yéménites au bord de la famine comme le rapporte Julien Maud pour Arte. Il est difficile d’obtenir du café yéménite à l’heure actuelle.

Le Yémen produit uniquement du café Arabica. Si son café est l’un des plus réputés, c’est pour son histoire et le « Moka Arabe », un des cafés les plus célèbres du monde. Le café yéménite est cultivé sur le flanc ouest du pays (dans les gouvernorats de Sa'dah, Hajjah, Amran, Amanat Al-Asemah, Al Mahwit, Sanaa, Raymah, Dhamar, Al-Hodeïda, Al Bayda', Ibb, Ad Dali', Ta’izz, Lahij, Abyan). Toute la récolte est issue de l’agriculture biologique.
Les principaux terroirs de culture sont Bani Mater, Bani Hammad, Bura’a, Haraaz, Haimateen à des altitudes entre 700 et 2400 m d’altitude. Le climat aride et la rareté de l’eau au Yémen offrent un environnement très différent des autres régions caféières.

Plan de café au Yémen

Particularités du goût du café yéménite

Pratiquement tout le café du Yémen provient d’anciennes variétés « traditionnelles », originellement Typica et Bourbon, cultivées nulle part ailleurs dans le monde hormis l’Éthiopie. Les Yéménites ont des dizaines, voire des centaines, de noms pour leurs variétés de café locales. Ces dénominations sont très peu documentées et un grand nombre de noms fait référence à la fois à la variété du plant et au district de culture.

Quelques variétés ont su se démarquer. Dans la région de Haaraz, on trouve les variétés Tuffahi, Dawairi, Ismaili et Jaadi. Les autres régions présentent des variétés comme Mattari, Udayni, Toufahari, Sharki, Sanani et Dohairi.

Le Yémen propose un café assez doux à la saveur chocolatée. Le traitement naturel apporte de légères notes de vin.
Lorsqu’une majorité de cerises est mûre, les exploitants les cueillent toutes en même temps puis les font sécher sur les toits et les terrasses en terre durcie. Une fois sèches, elles sont moulues à la main à l’aide de meules en pierre traditionnelles pour libérer les deux grains à l’intérieur.

C’est ce processus artisanal et biologique qui explique les arômes rares et naturellement sauvages qui caractérisent le café yéménite.

Le café yéménite est difficile à trouver. Il se dégustera surtout à des occasions particulières pour raviver le souvenir des premières tasses de café que buvaient les rois du 17e siècle.

Mon avis sur le café du Yémen


Le café du Yémen a une bonne place dans mes cafés préférés. J’adore sa subtilité, son côté sauvage qui le met à part des autres cafés du monde. Je ne me souviens pas avoir été déçu en buvant du café provenant du Yémen.

Je vous invite à privilégier l’achat sous forme de grains, les arômes seront nettement mieux conservés qu’avec du café moulu.

Lorsque je bois du café yéménite, je ressens la richesse des hauts plateaux du Yémen où il a été cultivé, les siècles qu’a su traverser ce café d’exception.

Meilleur café yéménite : quelle marque choisir ?

Le Yémen ne bénéficie pas de système pour la sélection des grains ou leur classification par taille, mais cela ne nuit pas à l’excellente réputation du café yéménite.
Le café du Yémen est souvent désigné par le mot « moka », quel que soit le nom de la variété.

Comme je viens de le mentionner, je vous encourage à privilégier l’achat sous forme de grains. En plus d’offrir un café plus frais et aromatique, la traçabilité est meilleure. Vous éviterez plus facilement le café de contrebande provenant d’Afrique qui transite par le port d’Aden.

Les cafés les plus populaires :

  • Café Ismaili du Yémen
    Cette variété est cultivée dans le centre du Yémen à environ 2500 m d’altitude, cueillie à la main, la plupart du temps séchée sur les toits puis transportée hors des montagnes à dos d’âne. Elle propose un café doux, complexe avec des notes fruitées ou de vin.
  • Café Sanani du Yémen
    Cette appellation décrit un mélange de cafés de différentes régions à l’ouest de Sana'a, la capitale du Yémen. Plus équilibré, moins acide et moins complexe que les autres cafés yéménites, il présente des notes fruitées.
  • Café Matari du Yémen
    Cultivé à l’ouest du Yémen, dans la région de Bani Matter, à très haute altitude, c’est sans doute le café le plus célèbre du Yémen. Il présente une acidité vineuse et un caractère plus vif qu’un café yéménite typique avec son arrière-goût chocolaté caractéristique.
  • Café Haraz du Yémen
    Les caféiers de la région, entre 1500 et 3000 m d’altitude, sont reconnus pour la qualité de leur café. Le café est traité selon la méthode traditionnelle yéménite consistant à laisser sécher les fruits sur le plant, ce qui donne ces notes fruitées et terreuses caractéristiques. Un peu plus légère, la saveur est intense et caractéristique. Le café Haraz ou Haraaz est identifié comme de qualité supérieure.

Pour acheter du café du Yémen, je vous invite à vous tourner vers l’une des marques suivantes : Van Hoos & Sons, Sea Island Coffee, La Maison Verle.

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