Café en provenance d'Ouganda

Le café ougandais

Le café est consommé dans énormément de pays à travers le monde. Il est cultivé dans plus de 60 pays situés en Amérique latine, Afrique et Asie. L’arabica représente 3/4 des quantités vendues et le robusta un quart.

L’Ouganda est le 2e producteur de café en Afrique derrière l’Éthiopie et se trouve dans le top10 mondial. Au cours de la saison 2020-2021, la production devrait atteindre les 4,8 millions de sacs de café. C’est le principal exportateur de café en Afrique avec 2,7 % de la production mondiale.

Le café ougandais est l’un des plus réputés grâce à la fertilité des sols et au climat clément dont bénéficient les cultures de café en Ouganda.

Abordons un bref résumé de l’histoire du café en Ouganda, ses spécificités, ce que je pense du café ougandais et quel est son meilleur café.

L’histoire du café en Ouganda

L’Ouganda est niché au cœur de l’Afrique des Grands Lacs. Malgré sa petite taille, il connait une diversité écologique étonnante. Son économie est traditionnellement basée sur l’agriculture (80 % de la population active), en particulier sur le café. Il produit également du thé, du coton, du tabac, des céréales, des huiles alimentaires, des fruits, des légumes, des noix, des huiles essentielles, des fleurs, dont les orchidées, et des vers à soie.

À l’origine, le café provient d’Afrique et plus particulièrement d’Éthiopie. Par la suite, il gagne le monde musulman. Ce sont les commerçants vénitiens qui l’introduisent en Europe. Ces derniers vont en exporter la culture en Asie et en Amérique du Sud, dans les régions tropicales, là où les conditions climatiques sont les meilleures.

De l’origine à l’Indépendance

Depuis la nuit des temps, le café était consommé par les populations d’Afrique de l’Est, dans la médecine traditionnelle, les pratiques religieuses et les rituels.
Dans les royaumes du Buganda, d’Ankole et de Bunyoro (qui constituent l’actuel Ouganda), le café était considéré comme une richesse. On en faisait un usage important lors des grandes cérémonies, des mariages ou des rituels au 17e siècle.

À partir du 18e siècle, le café devient un produit colonial, une marchandise comme le sucre et les épices dont le commerce va constituer un des piliers du système esclavagiste puis de l’oppression coloniale.
C’est ainsi qu’en 1900, la variété arabica est introduite en Ouganda depuis le Malawi et l’Éthiopie. La récolte d’arabica a d’abord donné de piètres résultats et a été ravagée par des maladies au moment de son introduction. Parallèlement, les petits exploitants agricoles développent la caféiculture du robusta naturel non domestiqué autour du lac Victoria.
Au début du siècle, les agriculteurs européens et asiatiques avaient établi un grand nombre de plantations. Cependant, la récolte a été abandonnée lorsque les prix ont chuté dans les années 20. En 1925, le café représentait 1 % des exportations de produits de base de l’Ouganda.
En 1929 est créé l’Office de l’Industrie du Café (Coffee Industry Board) afin de répondre aux problèmes de qualité. En 1959, cette structure fixe les prix. La même année, l’Office de commercialisation du café (Coffee Marketing Board) naît pour accompagner la commercialisation du café ougandais.

Ce n’est que dans les années 40, avec la naissance des mouvements coopératifs, que la caféiculture connait une vraie popularité.

De l’Indépendance à aujourd’hui

Après l’indépendance en 1962, l’Office de commercialisation du café prend le contrôle de l’industrie du café. En 1969, une loi sur le café est adoptée afin d’assurer le monopole de tous les aspects de cette industrie.

Dans les années 80, l’Ouganda lance un programme de réforme, l’UCDA (Uganda Coffee Development Authority). Ses efforts portent sur la modernisation de la production, la remise en état des installations de transformation, la réforme de la commercialisation et la libéralisation du secteur. L’industrie du café ougandais va enregistrer une forte évolution de la production dans les années 90 qui coïncide avec la libéralisation.
La fin de l’Accord international sur le café en 1989 marque le début d’une crise. Les pays africains figurent parmi les premières victimes de cette crise, concurrencés par la Colombie, le Brésil et le Vietnam.

En 1995, l’Ouganda se dote d’une agence de régulation pour piloter le marché, l’association ougandaise des caféiculteurs UCFA (Uganda Coffee Farmers Association).
En 1996, la Banyakole Kweterana Coopérative Union Limited (BKCU), une des plus importantes coopératives de production de café Robusta du sud-ouest de l’Ouganda, fait faillite.

Certifiés équitables (Fairtrade) à la fin des années 90, une dizaine de groupes locaux regroupant environ 4000 producteurs décident de fonder ensemble une nouvelle coopérative intermédiaire, plus petite et plus souple, la Ankole CoffeeProducers Cooperative Union Limited (ACPCU).

En 2003, l’UCFA devient la « National Union of Coffee Agribusinessesand Farm enterprises » (NUCAFE). L’organisme forme et aide les planteurs pour l’amélioration de la qualité du café et les accompagne pour négocier le prix de vente avec les acheteurs.
À partir de 2005, les choses se sont un peu améliorées et le prix du café est revenu à un niveau plus acceptable pour les producteurs. La libéralisation du marché intérieur a amené une détérioration de la qualité, suivie d’une reprise puis d’une relative stabilisation. Cependant, la réputation du robusta n’a pas été ternie, car la qualité à l’exportation a été maintenue sous la supervision de l’UCDA.

En 2019/2020, l’Ouganda devrait réaliser une production de 4,25 millions de sacs, une baisse de 12 % due aux conditions de sécheresse prévues.

L’Ouganda exporte la quasi-totalité de sa production (20 % d’arabica et 80 % de robusta). Si son café est reconnu, c’est grâce à un climat favorable aux cultures. Ainsi, son climat tropical est tempéré par les hauteurs du pays, il est idéal pour la culture des deux espèces.
De plus, les fortes précipitations et la présence relativement faible de ravageurs assurent une production de café à haut rendement.
Le robusta est essentiellement cultivé dans les régions du bassin du lac Victoria et du Nil occidental à des altitudes pouvant atteindre 1 500 m. L’arabica se trouve principalement dans 3 régions : le mont Elgon à l’est, les montagnes Rwenzori au Sud-Ouest et la région du Nil occidental au Nord-Ouest. Chaque origine est unique, avec des profils de café différents.

Grains de robusta en Ouganda

Particularités du goût du café ougandais

En Ouganda, on trouve plusieurs variétés de café arabica : Kent, Typica, SL-14, SL-28, Ruiru 11, Nyasaland/Bugisu.

Au niveau du goût, le café ougandais est assez diversifié. Le Mont Elgon proposera ses notes de fruits jaunes et une saveur suave. Les montagnes Rwenzori vous procureront des notes de mûre, de poire et de fruit de la passion.
En règle générale, le café ougandais a un goût fort qui lui est propre, ce qui le distingue des cafés moins intenses des pays voisins. Cela dit, la note fruitée qui caractérise les grains africains se retrouve.

Surtout, le robusta ougandais convainc par son arôme, ses épices généreuses et son acidité peu perceptible.

Le café d’Ouganda se déguste à n’importe quel moment de la journée, mais il est plutôt idéal pour démarrer une journée.

Mon avis sur le café d'Ouganda


J’apprécie beaucoup le café ougandais. J’aime sa fine saveur et ses arômes. Il est plus complexe qu’au premier abord.
Je ne me rappelle pas avoir été déçu en buvant du café venant de ce pays.

Pour préserver les arômes, je vous conseille de l’acheter en grains plutôt que sous forme moulue.

Boire du café d’Ouganda m’évoque le côté sauvage de l’Afrique orientale, la magie de ses hauts plateaux, de ses volcans qui ont permis la culture d’un café typique et équilibré.

Meilleur café d’Ouganda : quelle marque choisir ?

Comme je viens de le faire remarquer, je vous invite à acheter du café d’Ouganda sous forme de grains. De cette manière, le café sera plus frais, vous donnera plus d’arômes. De plus, les grains sont sélectionnés plus strictement.

Typica et Kent sont les deux principales variétés d’Arabica cultivées en Ouganda. Chaque région de culture propose un terroir spécifique, des conditions de maturation différentes.
Une des origines de qualité est la région du mont Rwenzori. Historiquement connue sous le nom de « Mountains of the Moon », cette région se situe à la frontière de l’Ouganda et de la République du Congo. Elle propose un café au profil fruité, aux notes tropicales.

L’appellation Mont Elgon est également un gage de qualité. La région est particulièrement célèbre pour son café Bugisu arabica cultivé localement. Celui-ci ne pousse qu’entre 1 600 et 1 90 mètres d’altitude.

Si vous avez l’occasion de vous y rendre, des visites guidées sont organisées par des guides ayant des connaissances sur la culture, la transformation et la torréfaction du café.
Vous aurez ainsi l’occasion de planter des plants de café, vous déplacer pour découvrir les caféiers matures, récolter quelques cerises rouges, les sécher, griller… et finalement boire quelques tasses de café 🙂

Le robusta ougandais propose un arôme riche, un corps plein et des saveurs fruitées, notamment s’il a poussé près du Lac Victoria, dans la région des Grands Lacs. Il est la finition parfaite pour les mélanges d’espresso.

Pour acheter du café d’Ouganda, je vous invite à opter pour l’une des marques suivantes : Lobodis, Cafés Lugat, Cafés Querry, PÅTÅR, Alter Eco, Moriba, Nespresso, Quality Roasters Coffees.

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